Le margay, carnivore typique de la canopée forestière néotropicale, ne descend pratiquement jamais à terre...

Phytosociologie synusiale

(mis à jour le 13 mars 2001)

introduction

critères

étapes

types biologiques

formations végétales

slide presentation (texts in English)

 

INTRODUCTION

La phytosociologie synusiale intégrée est née dans les années quatre-vingt à partir des travaux de trois chercheurs : Bruno de Foucault (université de Lille 2), François Gillet (université de Neuchâtel) et Philippe Julve.

Elle puise ses racines dans les concepts développés au début du siècle par Lippmaa, Braun-Blanquet, Gams, Du Rietz, Tüxen, Raunkiaer... mais se développe sous une forme renouvelée par l'introduction de l'intégration paysagère, des concepts systémiques et structuralistes, l'apport de méthodologies précisées (analyse dynamique, architecturale, écologique...).

Cette théorie est enseignée de manière détaillée à l'Université de Neuchâtel et fait l'objet d'informations plus ponctuelles dans différents cursus (Université de Lille 2, Université Catholique de Lille, University of East London...), ou à l'aide de stages de formation organisés par des ONG souhaitant former leurs techniciens à des méthodes d'analyse, de cartographie et de compréhension fonctionnelle des paysages végétaux. Ainsi, elle se développe surtout actuellement (mais régulièrement !) à l'aide de contacts internationaux, ou dans un cadre de gestion des espaces. Pour la première fois en mai 2002 a eu lieu en Lorraine (France !) un stage ouvert à tous de phytosociologie synusiale intégrée, grâce à l'organisation de l'association "Floraine". Un second stage devrait se dérouler en 2004.

On trouvera dans la rubrique bibliographie une liste d'ouvrages utiles à une compréhension des concepts et outils méthodologiques de cette approche, ainsi qu'une bibliographie de nombreux travaux historiques ou récents traitant de la question. On peut recommander en introduction la lecture de deux références de base :

Gillet, F., Foucault, B. de & Julve, Ph., 1991 - La phytosociologie synusiale intégrée : objets et concepts. Candollea, 46 : 315-340. (télécharger fichier au format acrobat reader)

Gillet, F., 1998 - La Phytosociologie synusiale intégrée - Guide méthodologique. Docu. Labo. Ecol. Vég., 1 : 68 p. Université de Neuchâtel - Institut de Botanique. (télécharger fichier au format acrobat reader, compressé zip)

L'observation de la présentation diapositive (en anglais) permettra également de survoler les principaux concepts.

 

L'un des concepts centraux de la phytosociologie synusiale repose sur la définition des synusies végétales. Les synusies sont des communautés très homogènes du point de vue fonctionnel écologique. Elles regroupent des espèces qui vivent ensembles et ont des stratégies de vie similaires. Une transposition de l'étude des types biologiques et des stratégies biologiques a été faite pour les animaux, en prenant l'exemple des synusies de mammifères de l'Est africain (Julve 1997, non encore publié) et des oiseaux du bassin parisien (travail en cours avec E. Chapoulie). Le parallélisme concorde parfaitement, en remplaçant les facteurs affectant la biomasse végétale par les méthodes d'acquisition de nourriture, corrélées à la nature de celle-ci. Une page de zoocénotique synusiale explicitant quelques concepts et résultats sera bientôt présentée sur ce même site.

 

CRITERES UTILISES POUR RECONNAITRE LES SYNUSIES VEGETALES SUR LE TERRAIN :

1. HOMOGENEÏTE FLORISTIQUE (en prenant en compte les écophènes)

2. HOMOGENEÏTE SPATIALE (espace vital en trois dimensions)

3. HOMOGENEÏTE DES TYPES BIOLOGIQUES

4. HOMOGENEÏTE PHENOLOGIQUE

5. HOMOGENEÏTE DYNAMIQUE

6. HOMOGENEÏTE DU SOL ET DU MESOCLIMAT

7. HOMOGENEÏTE MORPHOLOGIQUE

(NB : cet ensemble de critères forme une catégorie polythétique qui peut permettre de définir des ensembles flous d'objets)

LES ETAPES DE LA DEMARCHE PHYTOSOCIOLOGIQUE

* PHASE ANALYTIQUE (sur le terrain, le but de cette phase est de faire des relevés de synusies)

- Homogénéïté floristique (nécessaire mais pas suffisante)

- Homogénéïté écologique (s.l.) (sol, mésoclimat, dynamique, stratégie de vie, type biologique...)

- Choix de l'aire de relevé (taille, éclatement)

* PHASE SYNTHETIQUE (au laboratoire le but de cette phase est de définir des syntaxons)

- Isolation des syntaxons élémentaires (tableau homotone floristiquement)

* critère floristique

* attributs écologiques

- Hiérarchisation taxonomique

* critère floristique

* attributs écologiques

- Choix des espèces caractéristiques

 

Un des points cruciaux de l'approche synusiale consiste en la prise en compte des types biologiques au sens de Raunkiaer (1904, 1905), mais selon un découpage remanié (PJ, original) :

TYPES BIOLOGIQUES ET LEURS DIVISIONS UTILISABLES EN PHYTOSOCIOLOGIE SYNUSIALE

Phanérophytes :

Mégaphanérophytes (32m) A

Mésophanérophytes (16m) a

Microphanérophytes (8m) B

Nanophanérophytes (2 à 4m) b

Chaméphytes : C >1m > c

frutescents Cfru

suffrutescents Csuf

en coussinets Ccou (sans doute à affilier aux hémicryptophytes ?)

Hémicryptophytes : H >1m > h, (incl. chaméphytes herbacés)

érigés Heri

stolonifères Hsto

cespiteux Hces

rosettés Hros

ruboïdes Hrub

bisannuels Hbis

Géophytes : G >1m > g

à bulbe Gbul

à tubercule Gtub

à rhizome Grhi

Thérophytes : T >1m > t

vernaux Tver

estivaux Test

Les plantes aquatiques (-aqua), lianes (-lia), épiphytes (-épi), hémiparasites (-hpar), parasites (-par), carnivores (-car), succulentes (-suc), caducifoliées (-cad), sempervirentes (-semp) : constituent des sous-types transversaux, indiqués en les séparant du symbole principal par un tiret (ex: C-suc, t-hpar, h-par, test-hpar, A-lia, C-épi-hpar, test-par, hros-car, A-semp, b-cad). Les deux derniers sous-types sont surtout indiqués pour les phanérophytes.

Si une plante réalise plusieurs types biologiques, on indique les moins fréquents entre parenthèse : ex. hsca (test).

 

Le premier schéma indique quels types biologiques peuvent être groupés dans un même relevé de synusie et quels sont ceux qui doivent être séparés (délimités par une frontière continue). On y voit que chaméphytes, hémicryptophytes et géophytes peuvent être relevés dans la même liste, même s'ils qualifient généralement des unités phytosociologiques différentes.

les stratégies adaptatives et les types biologiques, en relation avec les facteurs affectant la biomasse végétale :

 

 

Le second schéma indique les relations entre types biologiques et diverses conceptions de stratégies adaptatives :

les types biologiques et les stratégies biologiques, placés sur un continuum r - K (sensu Pianka) :

les types biologiques dans leurs rapports avec les stratégies CSR de Grime :

les types biologiques et les stratégies biologiques de résistance et d'esquive (original) :

 

  

FORMATIONS VEGETALES :

Elles peuvent être ouvertes (laissant des vides de terre nue) ou fermées (totalement recouvrantes), pures ou associées en mosaïques.

 ¨ Phanérophytaies : (giga-, mega-, meso-, micro-, nano-), éventuellement regroupées en petites (arbustes) et grandes (arbres) phanérophytaies.

¨ Chaméphytaies : (macro-, micro-)

¨ Hémicryptophytaies : (macro-, micro-)

¨ Géophytaies : (macro-, micro-)

¨ Thérophytaies : (macro-, micro-)

 

Corrélations avec des dénominations locales classiques :

Formations dominées par des grandes phanérophytaies :

Futaie, Gaulis, Perchis,Taillis

Taïga (russe)

Hylea, Selva (brésilien)

Forêt, pré-Forêt

Forêt-galerie, Ripisylve

Mata (brésilien)

Igapo (brésilien), (= forêt marécageuse)

Varzea (brésilien), (= forêt alluviale inondable)

Cerradâo (brésilien)

Pré-bois, Forêt parcourue, Pâturage boisé

Campo cerrado (brésilien) (= savane arborée, tree savanna, sabana serrada)

Formations dominées par des petites phanérophytaies :

Fourré

Buisson

Mangrove

Hallier, Fruticée

Manteau, pré-manteau

Bush (anglophone)

Shrub (anglophone)

"Steppe" patagonienne

Chaparral (californien)

Caatinga (brésilien)

Carrascal (hispanophone)

Sertaô (brésilien)

Matorral (hispanophone)

Maquis

Carrasco

Espinal (chilien)

Fynbo (sud-africain)

Brousse

Formations dominées par des chaméphytaies :

Lande

Cistaie, Jaral (hispanophone)

Garrigue, Tomillar (hispanophone)

Batha (palestinien), Phrygana (grec)

Toundra

"Steppe ligneuse"

Scrub (anglophone)

Heath (anglophone)

Puna (hispanophone)

Tola (hispanophone)

Solupal (hispanophone)

Thornveld (sud-africain)

Formations dominées par des hémicryptophytaies :

Savane (= grass savanna, campo limpo, sabanna limpia, sabanna abierta)

Llanos (sudaméricain)

Steppe herbacée, "Prairie" (anglophone), Pampa (argentine), Veld (sud-africain)

Paramo (sudaméricain)

Pelouse

Prairie (= pré)

Ourlet

Mégaphorbiaie

Roselière

Campos de varzea (sudaméricain)

Campinas (hispanophone)

Jalca (hispanophone)

Formations dominées par des thérophytaies :

Moisson

  

NB : cariçaie, scirpaie, phalaridaie sont des formations basées sur des espèces et non sur des types biologiques. En ce sens elles sont homologues à boulaies, chênaies, hêtraies, charmaies, etc…